Depuis Myvatn...
- Pascale
- 12 juil. 2016
- 4 min de lecture
Et voilà, nous sommes en Islande depuis cinq jours... Et nous l'avons bien mérité! Parce que le ferry a beau être énorme, quand il est en haute mer, rien à faire...il tangue. Et nous de tanguer avec! Nous retenons quand même de beaux moments, comme l'arrivée aux îles Féroé, première escale de notre navire. Dommage que ces îles soient le lieu, chaque année, d'un véritable massacre de cétacés... L'arrivée en Islande par les fjords de l'est, à Seydisfjordur plus précisément, est magique...

Après nous être installés dans le camping local et avoir pris nos marques dans le minuscule village portuaire, nous voilà partis sur une route cahoteuse pour la péninsule de Skalanes, sur laquelle se trouve une réserve naturelle. A peine arrivés, un oiseau semble s'intéresser particulièrement à nous, nous tournant autour, se rapprochant en cercles concentriques, prenant la pose pour mieux repartir au ras du sol dans un sifflement stridant... Peut-être voulait-il nous souhaiter la bienvenue en Islande?

En face de nous, des jeux de lumière nous frappent. La neige vous en informera: il fait encore bien froid en Islande! D'ailleurs, au moment où j'écris ces lignes, il doit faire 4 degrés hors de la tente, mais ça, c'est une autre histoire.


La fonte des neiges alimente pour notre plus grand bonheur de très nombreuses cascades. Autre rencontre du troisième type qui ne cessera pas de si tôt: les moutons islandais!! Ils sont partout et sont tous plus adorables les uns que les autres. Pendant l'été ils broutent en toute liberté dans des espaces de nature sauvage, puis le berger les ramène au bercail à l'automne. Je me demande ce qu'en penserait notre cher Peter Singer, que nous avons interviewé avant de partir: cette vie là de mouton est-elle sans souffrance et leur élevage est-il donc moral? (Parce qu'il ne faut pas se leurrer, ils finiront en steak et en pull de laine)

Le lendemain, nous prenons la route et passons par le sommet des fjords. Un paysage splendide nous y attend: un lac empli de morceaux de glace...

Direction le camping d'Atlavik. Nous y cherchons en vain la réception: il n'y en a pas! Un garde passe de temps en temps pour venir chercher l'argent. Manque de bol, on était là au moment de son passage ;) La raison de notre arrêt ici est la deuxième plus haute cascade d'Islande: la Hengifoss. Pour y arriver, nous devons gravir la montagne à pied. A mi-chemin, nous découvrons la Litlanessfoss, entourée d'orgues basaltiques...

Notre habitude d'être toujours en retard jouera en notre faveur cette fois: commençant la montée vers 19h, la plupart des touristes (très nombreux...) sont sur le départ. Du coup, lorsque nous arrivons au sommet, l'endroit est désert. Le temps grisâtre ajoute au sentiment de "delightfull terror", terme d'un philosophe américain, qui m'emporte à ce moment. J'hésite entre le paradis ou l'enfer pour décrire cet endroit lunaire, de science-fiction ou de Seigneur des Anneaux qui nous entoure et nous domine. Nous sommes d'ailleurs très surpris d'y trouver trois moutons (d'où le coté paradis) broutant allègrement les fleurs et l'herbe verte que l'été a apporté à ce lieu pourtant si minéral.


Mais comme les oiseaux islandais semblent bien nous aimer, les fantômes de la cascade sont oubliés par la présence d'un petit passereau adorable qui nous observe du coin de l'oeil.

Lorsque nous redescendons à notre voiture, il est déjà 23h et le soleil de minuit jette quelques lueurs rosâtres dans les nuages. Il faut savoir qu'il ne fait jamais nuit ici: le soleil se relève vers 2h30 du matin, et entre temps subsiste une lumière diffuse.
Le lendemain, nous nous mettons en route pour Borgarfjordur, un autre fjord ravissant entouré de monts et pics. Nous y observons, (à côté d'autres touristes...il faut savoir qu'il y a 300 000 islandais et 1 million de touristes en été... autant que de moutons islandais!), une colonie de macareux moines bien occupée à nourrir ses petits dans leurs terriers. Ces oiseaux maladroits sont une sorte de mascotte ici.


Pour une fois, le ciel s'éclaire et nous laisse voir les lueurs fantastiques du soleil couchant. Pour l'anecdote, sur la photo on voit notre camping avec notre tente et notre voiture en bas à gauche!

Du coup, je décide de rester éveillée jusqu'au lever du soleil. Plus facile à dire qu'à faire, car il fait un froid de canard! Mais lorsque le soleil finit par sortir de l'eau, éclairant petit à petit les montagnes alentours, le spectacle est saisissant et me met dans une sorte d'extase. Je photographie et filme la scène depuis le haut du rocher de l'elfe, sur lequel vivrait la reine des elfes selon certains habitants... Lorsque le soleil touche les plaines environnantes, les oiseaux entrent eux aussi en transe, et se mettent à voler en cercles tout en criant. Juste saisissant... Je n'ai pas de mots assez forts.


Bao s'est réveillé lui aussi et remarque ce que je n'avais pas vu: une petite famille d'oiseaux (perdrix?) vivant sur le rocher...

Je me mets donc au lit à 5h du matin (eh oui). Etonnamment, lorsque je me réveille, le ciel est grisâtre et il pleut. Comme le temps change vite en Islande, et comme j'ai bien fait de rester éveillée ce matin! C'est parti pour une longue route jusque Myvatn, le lac des volcans. Nous passons par des paysages tellement désolés qu'une sorte de frayeur et de déprime nous envahit. La nature est ici hostile à la vie. Et pour cause: s'y trouve le volcan Krafla, qui selon les volcanologues devrait bientôt entrer à nouveau en éruption... On se croirait dans le Mordor. Faut-il préserver une nature hostile à la vie? Peut-être pour le sentiment de modestie qu'elle provoque en nous? Nous arrivons alors à un paysage lunaire (et hautement touristique...argh, ils sont partout! C'est le paradoxe du touriste en quête de solitude et de nature vierge... entouré d'autres touristes peut-être eux aussi en quête de solitude et de nature vierge... ), où de la fumée de soufre sort de terre et de la boue bouillonne dans des marmites. Que voyez-vous sur cette photo?

C'est un des fleurons du lac Mytvan au bord duquel nous sommes en ce moment. Le temps s'est nettement refroidi et accentue le sentiment de désolation du paysage. Pour tout dire, notre camping est situé à côté d'un champ de lave, alors... Mais il a du Wifi, ce qui me permet de vous écrire! Sur ce, je vais me coucher, car la batterie de l'ordinateur se meurt à petit feu. A très bientôt pour de nouvelles aventures! :)